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La Fontaine & Molière mise en scène du Père Lachaise (Paris, France)

by Robert R. KEBBI
Molière et La Fontaine Père Lachaise v2016

La Fontaine & Molière mise en scène du Père Lachaise

La Fontaine & Molière mise en scène du Père Lachaise: photographie des tombes de Molière et de La Fontaine, tous deux, enterrés au cimetière du Père Lachaise à Paris.

La Fontaine

Jean de La Fontaine (né le 8 juillet 1621 à Château-Thierry, et mort le 13 avril 1695 à Paris) est un poète français  dont l’histoire littéraire retient essentiellement les Fables et dans une moindre mesure les contes. 

La Fontaine tombe gravement malade fin 1692, vraisemblablement de la tuberculose. Il demande alors à voir un prêtre, et le curé de l’église Saint-Roch lui envoie le jeune abbé Pouget, qui vient d’obtenir son doctorat de théologie. Celui-ci s’applique à lui faire abjurer sa vie épicurienne et ses écrits anticléricaux, et le soumet quotidiennement à des exercices religieux. Il reçoit l’extrême-onction le 12 février 1693. Sont présents des membres de l’Académie française, des amis, et des prêtres. La Fontaine annonce renoncer à l’écriture et à la publication de ses contes et fables.  Il promet également de n’écrire que des ouvrages pieux. Il traduira ainsi le Dies Irae, qu’il fera lire devant l’Académie le jour de l’introduction de Jean de La Bruyère.

Il meurt le 13 avril 1695, et est inhumé le lendemain au cimetière des Saints-Innocents. On trouve sur son corps un cilice, pénitence que l’abbé Pouget jure ne pas avoir ordonnée. Sa dépouille sera transférée en 1817 avec celle de Molière au cimetière du Père-Lachaise.
La Fontaine avait composé lui-même son épitaphe, où il s’attribue un caractère désinvolte et paresseux :

Jean s’en alla comme il étoit venu,
Mangeant son fonds après son revenu ;
Croyant le bien chose peu nécessaire.
Quant à son temps, bien sçut le dispenser :
Deux parts en fit, dont il souloit passer
L’une à dormir, et l’autre à ne rien faire

Molière

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, né à Paris, baptisé le 15 janvier 1622 et mort à Paris le 17 février 1673, est un dramaturge auteur de comédies, mais aussi un comédien et chef de troupe de théâtre français qui s’est illustré au début du règne de Louis XIV.

Molière demeure depuis le xviie siècle le plus joué et le plus lu des auteurs de comédies de la littérature française, chaque époque trouvant en lui des thématiques modernes. Il constitue aussi un des piliers de l’enseignement littéraire en France. Le français est également surnommé « la langue de Molière ».

Molière n’a pas signé la renonciation à sa profession de comédien. Le rituel du diocèse de Paris subordonne l’administration des sacrements à cette renonciation. Il ne peut donc recevoir une sépulture religieuse.

Vu la notoriété du mort, l’Église est embarrassée. Le curé de Saint-Eustache ne peut, sans faire scandale, l’enterrer en faisant comme s’il n’avait pas été comédien. Et, de l’autre côté, refuser une sépulture chrétienne à un homme aussi connu du public risquait de choquer. Le seul moyen est de s’adresser à l’archevêque qui a seul pouvoir d’interpréter son règlement en montrant que le comédien est mort en bon chrétien, qu’il avait l’intention de se confesser, qu’il en a été empêché par des contretemps. L’archevêque, après enquête, « eu égard aux preuves » recueillies, permet au curé de Saint-Eustache d’enterrer Molière, à deux conditions « sans aucune pompe et hors des heures du jour ».

On enterra Molière le 21 février au cimetière Saint-Joseph. « Il s’amassa ce jour-là une foule incroyable de peuple devant sa porte. » dit Grimarest. « Le convoi se fit tranquillement à la clarté de près de cent flambeaux. »

La fin soudaine, presque sur scène, d’un comédien célèbre et controversé provoqua dans la presse un déferlement d’épitaphes et de poèmes (on en compte une centaine), le plus souvent hostiles.
D’autres célèbrent ses louanges, comme l’épitaphe de La Fontaine :

Sous ce tombeau gisent Plaute et Térence,
Et cependant le seul Molière y gît :
Leurs trois talents ne formaient qu’un esprit,
Dont le bel art réjouissait la France.
(…)
Ils sont partis, et j’ai peu d’espérance
De les revoir, malgré tous nos efforts,
Pour un long temps, selon toute apparence.

Le 6 juillet 1792, désireux d’honorer les cendres des grands hommes, les révolutionnaires exhumèrent les restes présumés de Molière et de La Fontaine. L’enthousiasme retombé, ils restèrent de nombreuses années dans les locaux du cimetière, puis transférés en l’an VII au musée des monuments français. A la suppression de ce musée en 1816, on transporta les cercueils au cimetière de l’Est, l’actuel Père-Lachaise, où ils reçurent une place définitive le 2 mai 1817.

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