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Drame d’Arkadi ou la poudrière du 9 novembre 1866

by Robert R. KEBBI
Drame d’Arkadi ou la poudrière du 9 novembre 1866

Le drame d’Arkadi ou la poudrière du 9 novembre 1866

Le drame d’Arkadi ou la poudrière du 9 novembre 1866 : photographie du vieux dépôt des vins qui fut utilisé pendant l’insurrection de lieu de garde de munitions. C’est l’endroit où s’est déroulé le « drame d’Arkadi » (l’Holocauste) le 9 novembre 1866.

Le jour du drame

A l’aube, le 8 Novembre 1866, les Crétois, au nombre de moins de 300 dont plusieurs centaines de femmes et d’enfants, découvrent au réveil, l’enceinte fortifiée du monastère encerclé par les soldats Turcs. Le lendemain, ces derniers lancèrent une attaque massive, enfoncèrent la porte donnant accès à la cour intérieure et prirent possession du toit. La lourde porte verrouillée de la salle de munitions, où femmes et enfants avaient trouvé refuge, fut forcée à son tour.
Ne voulant être pris vivants, les défenseurs firent exploser les barils de poudre, tuant tous les occupants, ainsi que des centaines de soldats turcs. Seuls trois Crétois survécurent à l’assaut, s’enfuirent et purent raconter ce drame.

La révolte Crétoise

La révolte crétoise de 1866-1869 est une insurrection en Crète contre l’occupation ottomane. D’une durée de trois ans, cette révolte est souvent considérée comme l’apogée de la lutte contre les Ottomans, marquée en particulier par le massacre du monastère d’Arkadi en novembre 1866.

Rappel de l’histoire

Commencée en 1648, la conquête de la Crète par l’Empire ottoman s’achève en 1669 avec la fin du siège de Candie. La période ottomane de l’histoire de l’île est émaillée d’insurrections. En 1821, la Grèce se soulève contre l’occupant ottoman, et la Crète prend part à la guerre d’indépendance. Mais en 1830, à la fin de la guerre, celle-ci ne fait pas partie du nouvel État grec. Le protocole de Londres du 7 février accorde l’île à Méhémet Ali d’Égypte, pour services rendus à l’Empire ottoman lors de la guerre d’indépendance dans le Péloponnèse. Il nomme Mustapha Naili Pacha au poste de gouverneur de l’île.

Conscient de la difficulté de la tâche, et dans le but de s’attirer les faveurs des grandes puissances, Méhémet Ali lance une série de mesures qui visent à garantir une certaine égalité entre musulmans et chrétiens.
La période égyptienne est une période de grands travaux dans toute l’île : des routes, des ponts, des ports sont créés pour la première fois depuis la période vénitienne. L’administration égyptienne porte une attention particulière à l’éducation et fonde des écoles pour musulmans et chrétiens. Enfin, en 1832, le premier recensement de l’histoire de Crète a lieu, et le premier journal en grec et en arabe est publié (Kritiki Ephimeris).

Méhémet Ali garantit l’amnistie aux Crétois insurgés pendant la guerre d’indépendance s’ils déposent les armes et vivent en paix. Mais ces mesures pacificatrices ne font pas l’unanimité : elles sont refusées à la fois par de nombreux musulmans, qui préfèrent quitter l’île pour s’installer en Asie mineure, et par des chrétiens excluant de déposer les armes et choisissant l’exil en Grèce.

Cette parenthèse égyptienne, période de paix relative malgré une tentative d’insurrection en 1833, ne dure que dix ans : en 1840, la défaite subie par Méhémet Ali en Syrie face à l’Empire ottoman entraîne le retour de la Crète sous l’autorité du sultan. En effet, les grandes puissances, désireuses de préserver l’équilibre de leurs intérêts respectifs dans la région, souhaitent garder intacte la puissance ottomane et décident par le traité de Londres de 1840 de lui remettre la Crète, ce qui déclenche aussitôt un nouveau soulèvement dans l’île. Dès la fin de l’année 1840, des chefs crétois exilés en Grèce, en particulier Alexandros Koumoundouros, futur premier ministre de Grèce, reviennent sur l’île pour organiser la révolte. Cette-ci éclate le 22 février 1841 dans toute l’île, mais cesse dès le mois d’avril, devant le refus des grandes puissances d’intervenir dans le conflit. De nombreux rebelles et civils s’exilent en Grèce.
Mustapha Pacha devient gouverneur de Crète et arrive sur l’île le 31 octobre 1842. Il y reste jusqu’en 1850 et sa nomination au poste de Grand Vizir.

Les forces en présence

Dès les premiers signes avant-coureurs d’une insurrection, au début de l’été 1866, l’Empire ottoman envoie 4 600 hommes en renfort des troupes égyptiennes déjà présentes en permanence. Ainsi, avant le début du conflit, l’armée ottomane s’élève à 25 000 hommes. D’autres renforts débarquent sur l’île peu après le début de la révolte, portant ce chiffre à 45 000 en septembre 1866, et dirigés d’abord par Mustapha Pacha puis, à partir de mars 1867, par Omer Pacha qui vient alors de s’illustrer dans une répression féroce en Bosnie et au Monténégro. Il faut ajouter les quelque 10 000 Turco-crétois mobilisés à l’occasion par l’Empire ottoman. Plus que par le nombre, les Turcs sont supérieurs aux guerriers crétois par leur équipement plus moderne, leurs possibilités de ravitaillement et leur soutien économique. De plus, l’armée ottomane est organisée et dotée de chefs militaires expérimentés.

Les rebelles crétois représentent environ 25 000 hommes, souvent expérimentés, endurants, connaissant très bien le terrain et tirant profit des montagnes pour transformer le conflit en guérilla. Mais ils sont souvent obligés d’abandonner la lutte pour s’occuper de leurs familles.

Le drame d’Arkadi

Le comité révolutionnaire de Réthymnon siège au monastère d’Arkadi. Panos Koronaios y nomme Ioanis Dimakopoulos commandant de la garnison, aidé par l’abbé Gabriel Marinakis.
Après sa victoire dans l’Apokóronas, Mustafa avance vers la région de Réthymnon. Le 8 novembre 1866, son armée de 15 000 hommes encercle le monastère d’Arkadi. 300 rebelles et 600 femmes et enfants y ont trouvé refuge. Malgré leur large supériorité numérique, les Turcs ne parviennent pas à prendre le monastère le premier jour. Le lendemain, la porte ouest cède et, alors que les Ottomans s’engouffrent dans le monastère, les insurgés font sauter les réserves de poudre, préférant causer la perte de 964 personnes plutôt que de se rendre. Une centaine de Crétois sont faits prisonniers et seuls trois ou quatre d’entre eux parviennent à prendre la fuite. Du côté turc, on dénombre 1 500 tués.
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